Bintou Marizy (33 ans, 1,67 m) a rejoint le club hennuyer cette saison. La native d’Evreux ne découvre pas le Nord, elle a déjà porté les couleurs de Valenciennes, Calais ou encore Villeneuve d’Ascq. Professionnelle depuis 16 ans la meneuse a évolué. Plutôt impulsive, la joueuse l’est moins depuis qu’elle est maman. Retraçons avec elle son parcours.

La découverte du basket

Avec un sourire qui illumine toujours son visage, Bintou Marizy replonge quelques années en arrière. « J’ai découvert le basket à l’école primaire grâce à l’intervention d’un éducateur. Il m’a convaincue et m’a poussée. J’étais en CM2. Je ne pratiquais pas de sport en club, je jouais avec mes frères au foot. J’ai pris ma première licence à 10 ans à Evreux en poussine. J’y ai pris goût, c’est devenu une passion. Plus j’avançais, plus j’avais envie d’être professionnelle, j’ai réalisé un rêve. Le poste de meneuse c’est une évidence de par mon caractère je suis une leader dans l’âme, de par ma taille aussi et j’avais de la technique balle en main ». La numéro 7 du Saint-Amand Hainaut Basket a bien bourlingué, elle a jusqu’à maintenant joué dans 14 clubs différents. Elle a forcément des copines en Ligue, « Fatimatou Sacko et Géraldine Robert pour n’en citer que deux ».

Une blessure redoutée

Bien entendu chaque sportif la redoute et celle qui serait un lay-up si elle était un geste se blesse en septembre 2011. « C’était lors d’un tournoi de présaison contre ChallesLes-Eaux, je me blesse toute seule. Quand j’ai passé l’échographie, tout s’est écroulé : rupture du tendon d’achille droit. Je m’en rappelle comme si c’était hier, j’ai fondu en larmes. Je pensais ne pas rejouer au basket. C’est une période sombre de ma vie. Beaucoup de choses ont changé à l’issue de ça. Je suis revenue, j’ai beaucoup travaillé, avec beaucoup d’envie et de discipline. J’ai tout fait pour retrouver mon niveau et j’ai été récompensée de mes efforts ».

Aux JO avec le Sénégal

En 2016, Bintou Marizy dispute les Jeux Olympiques. Le Sénégal dispute 5 matchs de poule, 5 défaites contre les Etats-Unis, la Chine, le Canada, l’Espagne et la Serbie. «  Etre aux Jeux, c’est super, mes parents sont sénégalais, je suis née en France mais je n’oublie pas mes origines. C’est une fierté de porter ces couleurs, c’est une super expérience. C’est une question de chance. Comme je suis très croyante, c’est une bénédiction ».

Le choix d’être maman

Comme la basketteuse a envie de jouer le plus longtemps possible, elle n’attend pas la fin de sa carrière pour fonder une famille. « Avoir un enfant c’est voulu. C’était le bon moment, je l’ai eu à 31 ans. ça change une vie, tout tourne autour de ce petit, ce n’est que du bonheur, je ne regrette rien, j’arrive à concilier la vie familiale et professionnelle, c’est une question d’organisation. Mon mari est motard de la garde républicaine, il travaille sur Paris. Quand j’ai reçu la proposition du club hennuyer j’ai sauté sur l’occasion, mon mari passe le week-end avec nous ». Liam, âgé de deux ans, va à la crèche. Il ne rate pas les matchs. Pendant que sa maman se démène sur le parquet, ils s’amusent avec les jeunes filles du centre de formation qui s’en occupent avec plaisir.

Un caractère trop trempé ?

Parler de soi n’est pas un exercice facile mais la trentenaire est lucide. « Si j’ai un regret dans ma carrière, c’est de ne pas toujours avoir laissé une bonne image, j’étais impulsive, rebelle. Cette mauvaise image m’a fermée des portes », elle fait ici référence à l’Equipe de France. « Je suis moins impulsive, j’ai atteint la maturité ».

Les objectifs avec le SAHB

En plus d’apporter son expérience, la meneuse souhaite « tenir la boutique et mettre en valeur mes équipières. L’objectif que je me fixe c’est de disputer les play-offs. Nous faisons partie des équipes non attendues. En tant qu’outsider, nous pouvons faire quelque chose ».

L’après basket

La réponse sur l’après basket se fait en deux temps. D’abord l’anecdote, « quand j’étais petite, j’aimais les professions artistiques, devenir actrice, tourner dans des films. Ma maîtresse en CM2 m’a incité à faire du théâtre ». Puis la probable reconversion, « j’y pense à l’après carrière. J’ai passé un diplôme d’éducatrice sportive. Je me vois dans le social, j’ai envie d’aider, j’ai cette fibre, j’ai envie de partager mon expérience et de m’impliquer pour les jeunes dans les cités qui ne font plus de sport, qui n’ont plus d’ambition, leur donner un objectif dans leur vie, accompagner ceux qui sortent de prison, les réinsérer et les sensibiliser sur les bienfaits du sport ».

Ce qu’ils pensent d’elle…

Patrick Anderson, l’intendant du SAHB, connaît Bintou Marizy depuis longtemps, « elle est carrée, elle sait ce qu’elle veut. Elle est toujours sympa, accueillante. Je m’entends très bien avec elle ».
L’entraîneur Fabrice Fernandes la décrit, « elle est très posée, elle sait écouter, parler. Comme elle a un caractère assez impulsif, à un moment donné, ça part. Tout de suite derrière elle sourit, elle se contrôle ».

Le président Jean-Pierre Boulanger la qualifie de « charismatique ».

Les supporters apprécient notamment sa gentillesse.

Celle qui construit sa famille avec succès a encore soif de victoires. La compétitrice espère engranger de nombreuses victoires sur les parquets en championnat, en coupe et en Eurocoupe.

Anne Seigner

Publié par Anne Seigner le 12 octobre 2017
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(Basket) Bintou Marizy : depuis qu’elle est maman, la basketteuse a gagné en maturité
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