Au premier regard, la ressemblance est frappante, Jacques Paulet a des traits communs avec Bernard Laporte, le Président de la Fédération Française de Rugby. Par contre il n’a pas du tout son accent… Boxeur et entraîneur, Jacques Paulet a de l’expérience à revendre. Sa simplicité plaît à ses élèves. Rencontre avec celui qui ne cesse d’évoluer en tant qu’homme et sportif.

Les débuts à 16 ans

Séance de pointage avant la séance d’entraînement, Jacques Paulet a un petit mot pour chacun des élèves. Avant la boxe française, le jeune Jacques a fait du foot, « l’ambiance ne me plaisait pas », du handball et du rugby. A 16 ans il souhaite essayer une nouvelle discipline. « Mes parents ne voulaient pas parce que c’est un sport dangereux, violent. J’ai aimé tout de suite, j’ai accroché. Je me rappelle de mes premiers entraîneurs Robert Dureux et Gérard Doisy ».

Les stages à Vichy

Cinq mois après ses débuts, Jacques Paulet dispute son 1er assaut (uniquement à la touche). « C’était à Tournai, ma mère était là, elle a eu peur, elle n’est plus jamais venue… »
Pendant les grandes vacances il y avait un stage intensif à Vichy de 8 jours. « Mes parents étaient d’accord pour que j’y aille mais je devais le financer. Je travaillais en juillet pour faire le stage en août. 3 cadres faisaient l’entraînement. J’ai côtoyé le Directeur Technique National Bob Alix, le champion de France Hervé Bruandet ou encore Patrice Beaux champion France mi lourd. J’ai progressé avec les vieilles méthodes, le niveau technique était élevé, nous nous entraînions 6 à 7 heures par jour. J’y ai pris goût, j’ai fait le stage 5 fois de suite. Le but c’était de monter en niveau ».
Le boxeur démarre le combat (avec la puissance) à 19 ans. « J’ai déménagé pour raisons professionnelles, j’ai été licencié au Portel deux ans. Sur 23 combats, j’en ai gagné 17, je n’ai jamais été mis KO. Les combats haut niveau en France n’étant pas officiels, je faisais du sparring avec Pascal Ducrot. J’ai surtout boxé en Allemagne et en Belgique. Je me souviens de mon premier combat en Belgique, je l’ai perdu aux poings. 15 jours après ils m’ont rappelé pour faire un autre combat ».
Même sans ses gants, le jeune homme a du caractère, « j’ai arrêté le combat à 23 ans et le sport. J’ai arraché mon passeport sportif…avant j’étais impulsif… ». Il était en désaccord avec un responsable régional de la Ligue de la boxe française.

L’effet boomerang

Suite à cette décision radicale, Jacques Paulet privilégie sa vie professionnelle et personnelle avant que le sport ne le rattrape. « En 2002 j’ai repris le sport, parce que mon fils de 8 ans voulait faire de la boxe. Nous avons donc pratiqué l’Aïki-jujutsu à Saint-Saulve pendant 14 ans ».

Le boxeur s’inscrit en 2009 comme élève au club d’AVBF (Aulnoy Valenciennes Boxe Française). Le Président Didier Guillot lui demande alors d’ouvrir une section self défense. « J’ai passé le certificat de qualification professionnelle. Ce n’est pas que le registre sportif, il y a aussi du développement personnel. Je prends du plaisir à donner 2 cours de boxe et 1 de self par semaine ».

Un local de rangement attendu

L’objectif de l’AVBF, crée en 2005, est selon le Président Didier Guillot « de répondre à l’ensemble des demandes. Depuis cinq ans, nous tournons avec 120 adhérents, ce qui fait de nous le 5e club sur les 25 clubs régionaux sans compétiteurs. Notre vision est la pratique dans un esprit de convivialité, l’adhérent doit se faire plaisir. Ce que nous attendons de lui c’est qu’il se comporte non pas comme un consommateur mais avec l’esprit association soit a minima participer à la vie du club et aux rendez-vous proposés. La boxe française est présente sur Valenciennes depuis 30 ans. Aujourd’hui mon combat c’est de me faire entendre auprès des municipalités. Nous restons les parent pauvres en terme d’équipements sportifs. Laurent Degallaix s’est engagé à nous fournir un local de rangement. Ça nous permettrait d’acheter 1 ou 2 rings et ainsi avoir un vrai plateau sportif. Pour l’instant je n’investis pas, j’attends le local. J’ai commencé la boxe à 18 ans, j’ai été compétiteur, entraîneur et dirigeant. 40 % de nos adhérents sont valenciennois, je souhaite que la tradition de la boxe française se pérennise, c’est notre patrimoine. Nous sommes tous bénévole, nous sommes méritants ».

Ce que ses élèves pensent de lui

Clémentine Havrez, au club depuis 3 ans, « j’aime son aspect humain, il est accessible. Les cours sont chaleureux. Il sort des blagues. Au niveau sportif il est passionné. Il transmet à sa manière. Son plus gros défaut c’est qu’il n’a pas la mémoire des prénoms. Il règne au club une bonne ambiance, je me sens en sécurité, nous ne sommes pas jugés si nous sommes fatigués ou si nous arrivons en retard ».

Rémi Tison
connait l’entraîneur depuis 4 ans, « j’avais besoin de me défouler et de me remettre en forme. Ses qualités ? Sa gentillesse et sa spontanéité. Son défaut ? Il sourit quand il veut ».

Sofiane Bensitel
a passé ses diplômes pour entraîner mais il préfère boxer, « Jacques c’est quelqu’un à l’écoute, de très humain, il nous apporte beaucoup, nous travaillons sur nous même, sur ce qui nous parasite dans la vie, le stress, l’angoisse, nous nous découvrons. Avec les exercices de respiration, nous sommes plus zen ».
 

Anne Seigner

 

Publié par Anne Seigner le 14 février 2018
Bob Alix Clémentine Havrez Didier Guillot Hervé Bruandet Pascal Ducrot Patrice Beaux Rémi Tison Sofiane Bensitel
(Boxe française) Le chemin sinueux de Jacques Paulet
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