Il fait partie des exceptions. En effet l’attaquant réceptionneur algérien n’a connu qu’un seul club en France, celui de Bellaing. Pourtant il en a reçu des propositions mais il est resté fidèle au club qui l’a accueilli il y a maintenant 14 ans. Nassim Hedroug (1,97 m), capitaine, est toujours performant. Rencontre avec un volleyeur qui s’amuse encore comme un minime.

Son parcours

Naturellement le grand joueur se livre. « J’ai essayé le handball mais le contact, ça ne m’a pas plu. J’ai commencé le volley en 1986 sur un terrain à côté de chez moi. Un copain m’avait convaincu de signer dans son club, j’allais avoir un jogging… », sourit-il.

Dès la catégorie minimes, Nassim Hedroug intègre la sélection nationale. Il participe à 3 Championnats du Monde en cadets (Portugal, 1991), juniors (Malaisie, 1994) et seniors (Japon, 1997). Dans cette compétition il sera classé 22e joueur. Trois fois champion d’Algérie (1995, 1996, 1997) il a joué à Béjaïa puis en Tunisie jusqu’à l’âge de 28 ans.

Arrivée à Bellaing en 2004

Nassim Hedroug a voulu venir en France. « Je voulais tenter ma chance ». Il a des contacts avec Chaumont mais il préfère choisir Bellaing pour en parallèle construire sa vie personnelle et professionnelle. La vie d’un joueur professionnel est moins stable…
« J’ai été très bien accueilli ici. Ce club je ne peux pas l’abandonner. Je n’ai aucun regret, c’est mon choix. J’ai participé à l’évolution du club. J’ai apporté mon expérience, j’aime bien taper, smasher, j’ai de la force. Quand je saute c’est le danger ! ».

A-t-il un secret sur sa longévité sportive ? « Non pas vraiment, il faut être sérieux, écouter l’entraîneur, être à fond sur le travail c’est la base. Quand j’ai découvert l’équipe nationale, c’était un autre niveau. J’y étais avec trois de mes frères, nous avons fait le nécessaire, nous avons tout donné ».

Le sportif s’est-il posé la question de la fin de carrière ? « Depuis trois quatre ans je me dis que je vais arrêter mais je joue, l’entraîneur compte sur moi, je suis capitaine. C’est peut-être ma dernière année en tant que joueur mais je pourrais prendre d’autres fonctions comme encadrer les jeunes… ».

Les meilleurs souvenirs

Il ne lui faut pas longtemps pour en tirer deux de sa mémoire. « En coupe de France contre Poitiers, nous avions perdu 3-0 mais nous avions mené 21-17 dans le premier set, la salle était pleine… ». L’autre souvenir est la « haie d’honneur à notre retour. Nous avions décroché la montée et nous étions attendus à la mairie dans la nuit, les supporters étaient là, ils nous félicitaient, j’ai eu la chair de poule … ».

Et l’homme ?

Il a réussi à construire sa vie comme il l’avait planifié à son arrivée. Il travaille pour une société de sécurité privée (APEN) depuis 2007. Il s’est marié en 2007 et a 3 garçons Ryan 10 ans, Dylan 7 ans et Mayssan 1 an, « des garçons pour assurer la relève » au club de volley forcément… La famille Hedroug habite Bellaing, comme une évidence, « nous sommes très bien ici ».

Le regard du Président

Michel Blaise ne tarit pas d’éloges sur Nassim Hedroug, « il est un bel exemple d’intégration par le sport. C’est le chouchou du public, il a fait sa vie à Bellaing. En tant que joueur il était extraordinaire, c’était une bête intelligente, pas un bourrin. Maintenant il tient toujours la route, il saute un peu moins haut…C’est un élément moteur dans l’équipe par sa jovialité et son enthousiasme, il est toujours guerrier, il a toujours envie de gagner ».
Le regard de l’entraîneur

Bertrand El Guidj connaît bien le joueur, « avant d’être son entraîneur j’ai été son adversaire pendant cinq ans. Il y a du respect entre nous du fait de son niveau de jeu et de ses valeurs humaines. Il apporte son expérience et sa jeunesse d’esprit. Il arrive à fédérer, tout le monde l’adore, il s’investit. Le volley c’est sa passion, sa vie. Il peut être fier en général de sa carrière. C’est le relais réel pour faire passer des messages entre les joueurs et moi ».

Anne Seigner

 

Publié par Anne Seigner le 14 février 2018
Bertrand El Guidj Michel Blaise
(Volley-Elite) A 42 ans Nassim Hedroug n’est toujours pas rassasié
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