Le collégien quercitain, qui a découvert le hockey, ne pensait pas que son chemin allait emprunter une direction qu’il n’avait probablement pas imaginée. Il devient défenseur à Valenciennes puis rejoint les Bleus. Après sa carrière de joueur, difficile de ranger définitivement la crosse. C’est pourquoi il se reconvertit en entraîneur. Rencontre avec Jean-Marc Duwez.

La découverte du hockey

Il a découvert ce sport au collège Eugène Thomas au Quesnoy, « Yves Soyez m’a initié, j’ai très vite accroché ». Convaincu il prend une licence UNSS et une licence hockey sur gazon à Valenciennes. Seul sportif de la famille, il fait la fierté de ses parents, «  ils m’ont laissé aller au creps de Wattignies, j’étais motivé et débrouillard ».

Tout va très vite pour le défenseur, sélectionné en équipe de France U16, U18 puis U21, il est alors étudiant en Staps à Ronchin. L’aventure en Bleu pour Jean-Marc Duwez aurait pu se poursuivre. « Il fallait intégrer l’Insep pour être en Bleu. Je n’ai pas voulu parce que ça m’obligeait à être licencié dans un club parisien. Les sélections se sont donc arrêtées ».

Le hockeyeur s’arrête de jouer pour finir ses études. « J’hésitais entre professeur et policier. J’ai passé le concours pour intégrer la police nationale, j’ai suivi la formation à Saint Brieuc puis j’ai été affecté en Seine-Saint-Denis. Je suis revenu dans le Nord en 2008 ». Evidemment fidèle à son unique club, le hockey club Valenciennes il réintègre l’équipe première.

Les forces et les faiblesses du défenseur

« J’ai eu la chance d’être au collège au Quesnoy, je faisais 1h30 de hockey par jour, j’ai été vite en Equipe de France puis le Creps où il y a un suivi médical et sportif. Je jouais derrière j’étais un bon défenseur. Physiquement j’étais fort ». Son seul défaut : « être à Valenciennes, qui n’était pas un grand club à l’époque puisqu’en gazon l’équipe évoluait en N2 ».

Les meilleurs souvenirs

« En Bleu, c’est un but marqué en Allemagne sur un coup franc. J’étais dans l’équipe U18 avec comme équipier Frédéric Soyez qui est aujourd’hui sélectionneur de l’équipe espagnole. La première sélection en bleu est également un bon souvenir. Avec Valenciennes, je dirai cette année. Même après la défaite en finale du championnat de France en salle nous avons pris une belle photo avec tous les gens du club. Avec le recul c’est ça le plus beau des souvenirs, avoir réussi à fédérer tout le monde !  ».



  Du joueur à l’entraîneur

Le hockeyeur a transmis sa passion aux siens, sa fille est dans l’équipe U10, son fils dans l’équipe U8. « Je suis toujours ici au club, mon épouse aussi, ils ont pris la crosse et ils la gardent. Le hockey c’est un sport de famille, il y a beaucoup de frères qui jouent ensemble ».

Le joueur a décidé d’arrêter « pour laisser la place aux plus jeunes », il s’est « formé au coaching ». Il a les 3 diplômes fédéraux. « Ce n’est pas un rôle évident. J’ai une préférence pour la salle, c’est une période très courte, 3 mois. Je ne compte pas les heures mais c’est énorme ». L’équipe première est vice-championne de France, battue par Amiens 3-2 le 11 février. « Je suis fier du résultat. Nous avons intégré 3 jeunes de 15 ans qui ont joué Nathan Lepoutre, Brieuc Delemasure et Louis Mille. En début de saison, nous voulions nous maintenir. L’équipe est montée crescendo dans le jeu. En demi nous sortons les favoris (Ronchin), c’était un bon match tactique. En finale ça se joue à rien nous sommes moins fort tactiquement ». L’entraîneur est plus « tranquille » lorsque c’est la saison gazon, « environ 5 à 6 heures par semaine ».

L’apport de la vidéo

L’entraîneur utilise la vidéo car « elle sert à progresser. Je prends parfois congés rien que pour faire ça. Pour préparer 3 matchs il me faut entre 20 et 22 h ». Il utilise le caméscope du club, son ordinateur personnel et un logiciel séquentiel. « Les joueurs ont dit qu’avoir la vidéo était un luxe. Tout est analysé. La vidéo a néanmoins ses limites, c’est juste un support. Le danger serait de perdre la spontanéité ».

A la question est-ce mieux d’être joueur ou entraîneur, le quadragénaire réfléchit, « en tant que coach quand tu mets en place et que ça fonctionne tu te sens utile. En tant que joueur, quand tu fais une passe décisive c’est un autre plaisir. La finalité est la même : le résultat, la récompense du travail c’est de l’investissement. Nous sommes un bon groupe de copains, nous sommes bien ensemble, nous construisons ».

Toujours dans l’optique de progresser, l’entraîneur n’hésite pas à se déplacer lors de gros évènements comme la Coupe des Clubs à Amsterdam. Il surveille de près ce qui se passe en Belgique où les matchs vont bientôt être diffusés à la télévision. « Il y a des idées à prendre. Certaines équipes belges refusent des jeunes…L’équipe masculine est vice-championne olympique. Quand j’étais en U16, la France rivalisait avec la Belgique, ce n’est plus le cas. Il faudrait que le hockey se développe ».

Le regard de Sullivan El Ghezzi

Entraîneur également de l’équipe première en salle, Sullivan El Ghezzi décrit son binôme, surnommé biquet à cause de la barbiche, « il est souriant, c’est un gros bosseur. Le hockey c’est sa passion. Il passe beaucoup de temps à préparer les séances vidéo. Il rend service dès qu’il est disponible. Nous sommes complémentaires, nous échangeons beaucoup. Je suis plus sur la préparation des entraînements et des systèmes de jeu. Lui c’est la vidéo, nous nous mettons d’accord. Ça fait trois ans que nous collaborons, nous sommes plus fort qu’avant, nous nous connaissons bien ».

 

Comment conserver les jeunes et attirer les filles ?

Pas spécialement à l’aise pour parler de lui, Jean-Marc Duwez est par contre intarissable au sujet du club. L’entraîneur tire la sonnette d’alarme au sujet des effectifs. « Nous manquons de jeunes, nous arrivons dans le creux. Le plus dur c’est de les garder. Chez les U8 et U10, les parents sont disponibles pour les enfants, ils font les déplacements, nous sommes sur une bonne dynamique. La grosse problématique quand nous formons les jeunes c’est qu’après le bac, ils partent sur Lille. C’est rageant nous ne récoltons pas les fruits de notre formation. Pourtant Valenciennes est une ville universitaire. Nous perdons ces jeunes aussi par rapport à la qualité du terrain. Sur Lille, le jeu se pratique uniquement sur terrain mouillé. Ici c’est un terrain sablé. Notre terrain vieillit, d’ici deux ou trois ans il faudra penser à le changer. Le hockey évolue avec le jeu en 3D, un attaquant peut faire sauter la balle, nous n’avons pas le terrain pour évoluer correctement. Techniquement ça devient un handicap. Sur les terrains adverses, il nous faut du temps pour nous adapter à la vitesse de balle qui est plus rapide que sur terrain mouillé. Nous souhaitons développer la section féminine. L’équipe première évolue en N2, elle est composée de 4-5 anciennes et de joueuses U16. Le but est de monter en N1 ».

Anne Seigner

Publié par Anne Seigner le 14 mars 2018
Frédéric Soyez Hockey sur gazon Sullivan El Ghezzi Yves Soyez
Jean-Marc Duwez : 100% hockey
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