Une rencontre d’artiste. Un peu comme ça au hasard. A l’H du siège, dans son atelier, au milieu de ses œuvres. Moment surprenant. Intimiste. Interview de Frédéric Messager.

«L’ H du siège est un superbe lieu, il y a les conditions optimales pour la recherche, et ces expositions possibles comme des moments d’expérience enrichissante »

Il baigne dans la marmite depuis un long moment déjà, des expositions personnelles, des collectives, de passage par Valenciennes, Orléans, mais aussi Paris, Rouen, Nancy, Sallaumines, ou encore L’Estonie etc…. Sorti des Beaux Arts, il y a plus de 20 ans, Frédéric Messager est comme chez lui à la galerie-atelier l’H du siège, il faut dire qu’il connaît les lieux comme sa poche « l ‘atelier est très important pour un artiste. C’est sa base de repli pour nourrir ses projets. »

Les Vues nouvelles. Entre réalité et virtuel. La possibilité d’un territoire…

Démarrées en 2014/2015 et composées de 13 images, il garde ses œuvres comme des trésors, des pépites. « Je travaille sur une grande notion, celle du paysage « les vues nouvelles » cela vient d’une promenade pour aller voir la notion de « frontière » frontière physique, politique…etc.» Il ajoute « je photographie des lieux qui sont pour moi des limites, des bords. Il faut choisir un endroit, un point de vue, belvédère sur un bout de terre, et dans la mire de l’objectif, tenter d’évacuer tout aspect esthétique d’un déjà vu. De temps à autre je me plais à aveugler ce regard borgne en le plaçant face au soleil. »

Frédéric aime se positionner sur le monde. Figer le temps et l’espace dans un point de vue unique. Il prend un cliché photo de ce paysage choisi, puis il dessine au crayon numérique dessus, « des heures et des heures entières… » Du réel il le recouvre et crée de l’imaginaire. Tel des palimpsestes photographiques. Il crayonne sur ses photos, il recouvre d’un trait de crayon, fin, plus épais, court, plus appuyé, il fait naître des lignes.

Ses œuvres sont exposées dans des tiroirs sur des tréteaux, comme des étuis. C’est surprenant, attirant, ça interroge…l’effet y est. «Le spectateur ouvre le tiroir comme il ouvrirait une porte, et plonge directement dans ce paysage, dans ce territoire. » Effet garanti. Drôle d’impression, l’image peu à peu s’efface, et ce sont les traits qui poussent à imaginer un tout autre territoire. On avance, on se recule et « le vertige du monde apparaît. » L’envie d’y entrer encore et de découvrir et de voir sous un autre angle.

L’artiste détaille « l’image s’efface partiellement et laisse place à un cosmos dessiné aux formes végétales où coexistent explosions, éboulis, champs de croix, ratures, et motifs cartographiques. Le regard se promène sur la surface du papier, et plonge, parfois, dans le microcosme des traits numériques pour en ressortir un peu plus loin, un peu plus étourdi : le regardeur prend du recul et l’infiniment petit se révèle dans l’infiniment grand. »

Sur quoi travaille Frédéric en ce moment ?

Il bouillonne d’idées…et ça se voit, ça se ressent. Le coup d’œil dans le retro en remontant aux 5 dernières années : en 2016 En l’état, dessins précaires n°4  à La Borne / Parvis du théâtre à Orléans et Espace projet / collectif Là où le ciel est toujours bleu à l’ Espace d’art contemporain puis en 2017, (H)all over n°12  – Les grandes déchirures à l’ École d’arts plastiques de Denain mais aussi en expositions collectives : l’artiste a exposé au Palais des Beaux-arts de Bruxelles, à la Triennale internationale du dessin à Tallinn en Estonie  puis pour  Frontières et territoires à la M AC de Sallaumines, en 2016 avec Macparis/  Printemps au Bastille Design Center de Paris, en 2017,   De cabane en cabane à la Maison d’arrêt de Valenciennes et à Ecomusée de l’Avesnois puis cette année 2018, son Dessin: violences et passions du papier a été exposé à la galerie Project B6 et Galerie 604 à Busan en Corée du Sud.

En Mai 2018, Frédéric est parti pour la Corée du Sud en raison d’une exposition collective, « j’ai découvert deux villes : Séoul, la capitale et au sud-est, Busan, une ville portuaire de 4 millions d’habitants. En parallèle à cette occasion, je travaille la nuit, dehors, considérant les quartiers que je parcours comme les ateliers d’un instant, pour y trouver des matériaux, les mettre en forme puis laisser les volumes là où ils sont nés, exposés aux  lumières des enseignes lumineuses, voués à une existence éphémère. », note l’artiste.

En ce moment les idées et projets s’entrechoquent. L’artiste confie « j’ai un projet avec la maison de l’architecture des Hauts-de- France et L’ESAD d’Amiens. Parcours Art, Territoires, Mutations pour lequel j’ai quelques maquettes à l’atelier. C’est une nouvelle bien fraîche, Frédéric vient d’apprendre la bonne nouvelle «mon travail a été retenu pour la biennale de l’image tangible à Paris. L’exposition se déroulera dans plusieurs galeries et lieux culturels de 20e».   Jamais le bouillonnement d’idées et de projets ne s’arrête. Quand la passion nourrit l’esprit…CQFD

Céline Druart Beaufort

Publié par Celine Druart le 13 juillet 2018
Frédéric Messager l'H du siège Valenciennes
Frédéric Messager à l’H du siège, un artiste bouillonnant.
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