Cassandra Vêtu (24 ans, 1,67 m) est une pièce maîtresse de l’effectif trithois. Elle vient d’entamer sa 6e saison dans ce club. Passée par le centre de formation de Charleville-Mezières, la meneuse aurait pu tenter sa chance au plus niveau. Celle qui ressemble à s’y méprendre lorsqu’elle a les cheveux tirés à l’Américaine Sue Bird a sagement privilégié sa carrière professionnelle. Rencontre avec l’introvertie joueuse de basket-ball.

Le parcours sportif

« Comme j’aimais tous les sports, je les découvrais le mercredi après-midi à Valenciennes. ça changeait tous les mois. Les éducateurs m’ont orientée vers le club de basket valenciennois l’USVO, j’ai fait des essais, je suis allée voir les pros, ça me donnait envie », se rappelle celle qui apprécie Nadal et Ronaldo car « ils ne lâchent rien ». Tout s’enchaîne rapidement, la sélection du Valenciennois puis celle du Nord, « j’ai senti que j’étais à ma place même si j’ai hésité avec le foot ». La joueuse passe 5 ans à Valenciennes, 1 an à l’Union Hainaut Basket en cadettes France puis découvre la N3 et la N2 à Charleville, elle est alors au centre de formation. En toute objectivité elle livre ses points forts, « l’adresse, la vision du jeu, la distribution et le drive ».

Trith
Celle dont le geste préféré est le cross over a évolué deux ans en N3 avec Trith, « c’est brouillon dans le jeu » puis trois ans en N2 « c’est plus organisé, il y a plus d’impact ». Cette année, c’est une première pour le club et la joueuse, qui prend autant de plaisir à faire des passes décisives qu’à marquer : « je découvre la N1, je connais le niveau exigé, c’est un gros cran au-dessus. Je suis prête à relever ce challenge, nous savons ce qui nous attend, nous nous préparons. Je veux donner le meilleur, il y a de la pression à chaque match. Je n’ai pas la prétention de dire que je suis la star de l’équipe, j’apporte le maximum ».
Qu’est-ce qu’une saison réussie  pour celle qui est surnommée Cassie ? « La saison sera bonne si nous nous maintenons. Gagner le maximum de matchs à domicile, créer des surprises contre des gros, nous ne sommes pas forcément attendues, proposer du beau jeu, se faire plaisir, continuer d’avoir une bonne cohésion même en cas de défaite car nous gagnerons moins de matchs que la saison passée, notre force c’est sur et en dehors du terrain ».

Le parcours universitaire

Après le bac obtenu à Charleville, Cassandra Vêtu a entamé des études de médecine à Lille tout en jouant à Saint-Amand. « J’ai préféré arrêter le basket pour me consacrer aux cours ». Après deux années en médecine, direction la fac de psychologie à Villeneuve d’Ascq. « C’était compliqué d’arrêter le basket d’un coup, je n’ai pas réussi à couper totalement. Trith c’est proche de chez moi et ce n’est 3 entraînements par semaine ». L’étudiante a pu reprendre le basket. Il ne lui reste plus qu’une année, elle effectuera un stage au SESSAD d’Aubry du Hainaut.

Les objectifs

En ce qui concerne le basket celle qui adore Céline Dumerc pour son leadership, est bien à Trith. « Il y a l’ambiance, les supporters, l’atmosphère est positive, c’est l’idéal. Chaque année j’ai des propositions d’autres clubs, je ne ferme pas la porte. Aucun projet ne m’a donnée envie d’aller ailleurs ». Elle est claire sur le sujet, elle n’a aucun regret de ne pas avoir tenté l’aventure professionnelle. « Quand j’étais au centre de formation, je voulais jouer en pro mais quand tu donnes ton accord pour le contrat pro, tu fais une croix sur les études, je n’ai pas voulu prendre ce risque là. Aujourd’hui je ne pense pas à la Ligue 2, je ne partirai pas ailleurs pour jouer plus haut, la carrière pro ne tient qu’à un fil, une blessure et plus aucun club ne te veut ! »
Après sa dernière année d’étude, Cassandra Vêtu souhaite « trouver un job l’année prochaine. En parallèle j’aimerais jouer au basket à un bon niveau, je ne veux pas sacrifier l’un des deux ».

Le partage avec TP

Elle n’est pas du genre à se vanter. C’est presque par hasard lors de l’entretien qu’elle évoque sa rencontre avec le meneur international français. Tout de même ! « 5 jours à San Antonio en 2010. C’était cadeau, j’ai vu 2 matchs NBA, j’ai passé du temps dans sa maison, j’ai vu Eva Longoria, la piscine, la salle de basket. J’ai eu beaucoup de chance, c’était incroyable, un conte de fées, j’avais des étoiles plein les yeux. Tony est quelqu’un de super humble, il travaille dur, il a fait des sacrifices, nous avons bien discuté. Il fait aussi des blagues, il est ouvert, super disponible. C’est sûr ces moments je ne les oublierai pas ».

La meneuse a aussi participé au camp organisé par TP à Fécamp, 3 fois. Invitée la première année, elle a gagné sa place pour la deuxième année. Comment ? C’est assez simple, elle a du relever le défi que Tony lui a lancé : réaliser la danse du camp. La joueuse a mis de côté sa timidité, la danse en valait la chandelle ! « La troisième année, j’ai payé c’était tellement bien. J’ai rencontré de grands entraîneurs comme Greg Popovitch, c’était impressionnant et de grands joueurs comme Batum ».

Merci aux entraîneurs

Elle est bien consciente que sans ses éducateurs passionnés, elle n’aurait peut-être pas persévérer dans cette discipline. « La première qui m’a lancée c’est Bélinda Logez, elle m’a donnée confiance, m’a appris les bases, m’a donnée l’envie de continuer. Si tu ne t’accroches pas, tu décroches. Tous les coachs m’ont poussée. Je n’ai jamais été réellement en difficulté sur le plan basket, j’ai encore aujourd’hui plein de choses à améliorer. Je n’ai pas l’intention de me reposer sur mes acquis, je veux être une joueuse la plus complète possible ». Cette saison elle a accepté le co-capitanat, « je discute avec Fabrice (Pontier) de tout sur tout, c’est important pour lui d’échanger avec moi sur ce que je ressens ».

Ce qu’ils pensent d’elle



Les parents de Cassandra Vêtu suivent chaque week-end les matchs de leur fille, « ce sont mes premiers fans, ça fait du bien ». Edith sa maman la décrit, « elle est toujours prête à aider les autres, elle est serviable, je ne dis pas ça parce que c’est ma fille…elle est généreuse, toujours souriante, elle aime taquiner ses frères ». Il a pris son temps avant de se lancer, Eric son papa assure qu’elle « fait des blagues. De temps en temps, elle a une petite crise, elle se défoule. Nous pouvons compter sur elle. Nous la suivons depuis qu’elle a 8 ans, nous n’avons pas raté un match, je suis fier d’elle. Elle concilie les études et le basket, elle était libre de choisir son avenir, je suis content qu’elle ait pris cette décision ».
L’intéreure Soiffa Wibabara connait Cassandra depuis 3 ans, « elle est marrante, elle fait des blagues. Par exemple elle sort toujours la langue pour faire rire lorsque l’entraîneur parle, elle perturbe notre attention, fait des grimaces. Elle apporte sa joie de vivre. Ah oui elle mange trop de pâte à tartiner… ».

Anne Seigner

 

Publié par Anne Seigner le 14 octobre 2018
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(Basket) Cassandra Vêtu, les pieds sur terre
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